Lettre du syndicat à Antoine Petit

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La rencontre entre M. Antoine Petit, Président du CNRS et les organisations syndicales était prévue le 5 février 2018. Pour préparer cette réunion, le Président a demandé les sujets que nous souhaitions aborder. Nous lui avons transmis le texte ci-dessous. Cette réunion vient d’être annulée et nous le regrettons vivement.

 

« Monsieur Le Président,

Dans votre courrier du 25 janvier 2018 aux agents du CNRS, vous avez présenté votre vision de l’action que vous comptez mener à la tête du CNRS et nous vous en remercions.

Permettez-nous de vous présenter rapidement le Sgen-CFDT RechercheEPST qui est la première organisation syndicale au CNRS. C’est un syndicat multi-catégoriel qui s’adresse aux Ingénieurs et Techniciens ainsi qu’aux chercheurs et qui a vocation à défendre les intérêts individuels et collectifs des agents des organismes de recherche.

Les agents du CNRS ont voté à près de 29% pour le Sgen-CFDT RechercheEPST lors des élections au Conseil d’Administration du 27 Juin 2017. C’est important d’en prendre la mesure parce que, notre syndicat s’inscrit dans la tradition réformatrice de la CFDT, ce qui veut dire que nous préférons toujours rechercher des solutions au travers du dialogue social mais que nous n’hésitons pas à nous mobiliser contre des réformes que nous jugeons injustes ou inefficaces.

 

Votre déclaration d’intention est relativement consensuelle et dans la continuité de l’action du Président FUCHS. On ne peut que partager votre ambition pour un CNRS fort et pour favoriser les innovations de rupture que vous citez trois fois dans votre lettre. Mais vous savez que l’innovation ne se décrète pas, elle est le résultat d’une organisation et d’un écosystème favorable.

Et pour que cela ne reste pas que des mots, et vous l’avez-vous-même souligné, il faudra bien entendu des moyens financiers pour assurer les recrutements nécessaires et le fonctionnement correct des laboratoires. 

A ce propos, nous vous soumettons ces 2 graphiques éloquents qui montrent la déperdition des postes permanents de chercheurs, ingénieurs et techniciens depuis une dizaine d’années.

 

Notre syndicat est réformateur et progressiste, c’est-à-dire que nous sommes déterminés à soutenir les améliorations pour les agents.

C’est dans cet esprit que ces dernières années, deux chantiers d’envergure ont mobilisé notre organisation syndicale.

 

Nous voulons parler du protocole PPCR « Parcours professionnels, carrières et rémunérations » qui est un progrès majeur en termes de carrières. La CFDT a participé à son élaboration puis l’a signé et négocié sa mise en œuvre contrairement à la CGT, SUD-Solidaires et FO qui ont refusé le PPCR.

Le chantier est loin d’être terminé. Il reste à déterminer des dispositions pratiques comme les flux de changement de corps ainsi que la transposition statutaire d’un élément important du PPCR qui prévoit qu’un fonctionnaire doit pouvoir dérouler une carrière complète sur au moins deux grades.

 

Le second chantier concerne le Rifseep qui est le nouveau régime indemnitaire basé essentiellement sur la fonction, dispositif plus juste et transparent que l’ancien régime de la PPRS. Malgré l’opposition de certaines organisations syndicales demandant l’exemption du Rifseep pour les EPST, celui-ci a pu être mis en œuvre dans de bonnes conditions pour les ingénieurs et techniciens. Il reste là aussi à intégrer le fléchage des postes et surtout à obtenir dès 2018 à minima les mêmes montants indemnitaires – IFSE – que dans l’enseignement Supérieur comme cela a été réalisé chez Inria.

 

La revalorisation du régime indemnitaire des chercheurs exclus du Rifseep, devient une impérieuse nécessité tant le décalage avec tous les autres secteurs de la fonction publique est criant.

 

Nous appelons également, la mise en œuvre du télétravail au CNRS comme vous l’avez expérimenté chez Inria. L’échelle n’est pas la même mais nous considérons qu’il s’agit d’une nouvelle organisation du travail adapté au monde moderne qui doit contribuer à de meilleures conditions de travail.

 

Nous sommes aussi demandeur de la poursuite d’une politique sociale à la hauteur des enjeux qui contribue au bien-être au travail des personnels et à l’attractivité du CNRS.

 

Voici en quelques lignes, l’ambition du Sgen-CFDT RechercheEPST pour les personnels du CNRS. »

 

Nous aurions voulu préciser, au cours de cette réunion, que nous agissons également au travers de notre fédération le Sgen-CFDT et notre confédération la CFDT pour la défense des fonctionnaires et qu’à ce titre nous protestons fermement contre la décision du gouvernement de reporter d’un an l’application des mesures du PPCR initialement prévues entre 2018 et 2020 pour les catégories A, B et C : revalorisations indiciaires des débuts ou fin de carrière, nouveau transfert « primes / points ».

Ce report, que nous espérons provisoire, s’ajoute à la quadruple peine infligée cette année et qui impactera très fortement le pouvoir d’achat des agents de notre organisme : nouveau gel du point d’indice, hausse de la CSG, augmentation de 0.27% des cotisations retraites, réinstauration d’un jour de carence…

Nous souhaitons vivement que la réunion annulée du 5 février soit mise au calendrier de la direction afin qu’un « dialogue social » de bonne qualité s’instaure avec les organisations syndicales représentatives du personnel du CNRS.

 

le 1er février 2018,

le bureau national du Sgen-CFDT-RechercheEPST