L’intersyndicale qui s’est réunie jeudi soir proteste contre le gel du point d’indice, la suppression de postes et enfin, le rétablissement d’une journée de carence. Une grogne sociale qui intervient à la veille des «états généraux de la fonction publique».

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Après les routiers, c’est au tour des fonctionnaires de manifester leur mécontentement. L’intersyndicale de la fonction publique a en effet annoncé ce vendredi une journée d’action, le 10 octobre prochain. «Nous demandons que le gouvernement se saisisse des 5,4 millions d’agents et que le discours ne se traduise plus seulement en mots mais en actes», indique Luc Farré, secrétaire national à l’Unsa-Fonction publique, au Figaro, qui regrette que les «annonces négatives» se succèdent depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron.

Dans les faits, les griefs des fonctionnaires sont multiples. Ils protestent notamment contre le gel du point d’indice en 2018, annoncé par Bercy au début de l’été. Pour rappel, le point d’indice sert à déterminer le traitement des fonctionnaires. Il a été gelé de 2010 et 2016, puis débloqué en juillet 2016, (+0,6%) et en février 2017 (+0,6%), dans les derniers mois du quinquennat de François Hollande. Promesse de campagne du candidat Macron, la suppression de 120.000 postes dans la fonction publique sur cinq ans constitue également un sujet de crispation majeur. Ainsi, 50.000 fonctionnaires pourraient ne pas être remplacés dans la fonction publique d’État et 70.000 dans la fonction publique territoriale. Enfin, le rétablissement d’une journée de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie en 2018 – abrogée en 2013 par François Hollande –, provoque aussi la colère des fonctionnaires.

Compenser la hausse de la CSG

Cette grogne sociale intervient alors que le ministre de l’Action et des comptes publics va lancer les «états généraux de la fonction publique», dans les semaines qui viennent. Objectif de cette série de consultations avec les syndicats, qui s’étalera d’octobre 2017 à février 2018: revoir le statut des fonctionnaires en mettant sur la table la question des salaires, l’externalisation des missions ou encore de la compensation de la contribution sociale généralisée (CSG). Le gouvernement a prévu, dans le cadre du budget pour 2018, d’augmenter de 1,7 point le taux normal de la CSG pour financer la suppression des cotisations chômage et maladie qui représentant 3,15% du salaire dans le privé.

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Sur ce point, le gouvernement a déjà présenté un scénario aux partenaires sociaux, mercredi dernier. Il prévoit «une suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité (CES), de 1% pour les fonctionnaires» et de la cotisation maladie de 0,75% pour les contractuels, ainsi qu’une «indemnité compensatoire au 1er janvier» qui pourrait être «dégressive», c’est-à-dire diminuer au fur et à mesure que l’agent avance dans sa carrière, ont affirmé les syndicats à l’AFP. En revanche, cette «compensation» ne s’appliquerait pas aux nouveaux entrants dans la fonction publique. Elle exclurait également de l’assiette de calcul les heures supplémentaires ou les astreintes, le travail de nuit, pourtant assujettis à la CSG. Réponse des intéressés: «Les termes des engagements présidentiels ne sont pas respectés. Nous demandons une hausse du pouvoir d’achat pour les agents et un dispositif pérenne», a indiqué Mylène Jacquot de la CFDT. Une prochaine réunion est prévue le 26 septembre afin de mettre sur la table d’autres scénarios. Leur présentation au ministre de l’Action et des comptes publics est prévue le 10 octobre, date de mobilisation envisagée par les fonctionnaires.