Non, le revenu universel n’est pas mort : la Gironde va l’expérimenter en 2018

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Promesse de Benoît Hamon à l’élection présidentielle, le revenu universel n’est pas mort avec la défaite du candidat socialiste.
La Gironde veut l’expérimenter en 2018.

Un an ou presque après la primaire de la gauche et la victoire inattendue de Benoît Hamon, le département de la Gironde veut expérimenter sa propre formule du revenu universel en 2018.
Ici, l’idée d’une allocation sociale unique est apparue bien avant que l’ex député frondeur s’en saisisse et construise une large partie de son succès électoral à gauche sur cette proposition innovante.  On connaît toutefois la suite…
Mais la défaite cinglante de Benoît Hamon à l’élection présidentielle n’a manifestement pas découragé la majorité socialiste du Conseil départemental de Gironde, et son président Jean-Luc Gleyze, qui ont écrit récemment à Emmanuel Macron pour obtenir du nouveau gouvernement l’autorisation de tester le revenu universel dans le département pendant au moins deux ans.

Pour trouver la bonne formule, le Conseil départemental de Gironde dont la réflexion a démarré en mai 2016, s’est entouré de la Fondation Jean-Jaurès, d’experts économiques, d’acteurs de l’économie locale, dont les travaux et les recommandations ont été soumis à l’avis d’un jury citoyen.

1000€ pour les agriculteurs et les jeunes

Parmi les différents scénarios, c’est celui d’un «revenu de base» de 1000 € s’ajoutant aux aides existantes qui a été retenu.
200 € seraient versés directement par la collectivité départementale en monnaie locale au titre du soutien à l’économie girondine.

À défaut d’être universelle, cette mesure sociale ciblerait deux populations prioritaires : les jeunes et les agriculteurs.

Une somme de 300 € par enfant a par ailleurs été envisagée.  La question fondamentale du financement de ce projet inédit en France n’est toutefois pas encore définitivement tranchée.  Faut-il fusionner trois minima sociaux (RSA, prime d’activité et APL), ou concevoir en miroir du revenu universel un «impôt universel» en prélevant une partie de la richesse là où elle se trouve?,  s’interroge-t-on encore au Conseil départemental de Gironde.
Une assemblée où l’on veut croire que le revenu universel peut constituer une réponse pertinente à la problématique qui mine la société contemporaine : la fin du plein-emploi et le tourbillon de l’exclusion des plus fragiles qu’elle provoque…

En Finlande, ça marche

Depuis le 1er janvier 2017, la Finlande est le premier pays européen à expérimenter le revenu universel au niveau national.
Deux mille personnes, âgées de 25 à 58 ans, ont été tirées au sort pour percevoir 560 euros par mois pendant deux ans.  Cette somme remplace l’ allocation chômage finlandaise.
Le changement majeur introduit par cette expérimentation tient au fait que chaque personne pourra accepter un travail et continuer à recevoir son revenu universel quel que soit le salaire perçu.

Lionel Laparade